| Rue Saint Julien le Pauvre
La cathédrale Notre Dame de Paris permet de s’assurer que les deux clichés ont bien été pris au même endroit. Car la rue Saint Julien le Pauvre, dans le 5ème arrondissement, a bien changé : les bâtiments sur la droite à l’angle avec la rue Galande ont été rasés. Ils laissent apparaître une église dont on aperçoit un pan de mur sur le cliché récent, à droite. C’est elle qui a donné son nom à la rue : elle s’appelle église Saint Julien le Pauvre et fait partie des plus anciennes de Paris puisqu’elle existe depuis 1240 ! Gérard Durand ajoute que, " l’église Saint-Julien-le Pauvre est encore un monument apporté en dot, par la religion, à notre vieux Paris. Et comme partout ce monument est une oeuvre de charité ; c’est ainsi que le christianisme s’est annoncé au monde ! Grégoire de Tours est le premier historien qui parle de cette église ou basilique. Il nous apprend qu’il logeait, lorsqu’il venait à Paris, dans les bâtiments qui en dépendaient et qu’on affectait au soulagement des pauvres pèlerins. Nous avons plusieurs exemples d’hospices et d’hôtelleries construits à côté des églises dédiées à Saint Julien, dont le nom était invoqué par les voyageurs pour obtenir bon gîte. Plusieurs circonstances du récit de l’historien tendent à prouver que cette église existait avant l’année 580. Les Normands ruinèrent les bâtiments de la basilique de Saint-Julien. Ses biens, qui étaient pourtant le patrimoine des pauvres, furent à la fin de la première race, usurpés par les seigneurs laïques. Par une charte de 1031, Henri 1er fit don de cette église à l’évêque de Paris, à condition qu’un clerc nommé Girauld eut pendant toute sa vie la jouissance de son revenu. Dans le commencement du 12ème siècle, les biens de l’église Saint Julien étaient possédés par Etienne de Vitry et Hugues de Munteler, qui les cédèrent à l’abbaye de Longpont ; cette église rebâtie alors parait avoir été érigée à cette époque en prieuré. (Longpont, une Abbaye Cistercienne, fille de Clairvaux, fondée en1131 par St Bernard dans une vallée marécageuse en bordure de la forêt de Retz, dans le diocèse de Soissons et ruinée par la révolution en 1793). L’Université, dans le siècle suivant, y tint ses séances qu’elle transféra aux Mathurins, puis au collège Louis-le-Grand. En 1655 le prieuré fut réuni à l’Hôtel-Dieu en vertu d’un traité passé entre les administrateurs de cette maison et les religieux de Longpont. Le roi n’accorda néanmoins ses lettres patentes qu’en 1697. L’église ne fut alors desservie que par un chapelain que la paroisse Saint-Severin avait seule le droit de nommer. L’église Saint Julien-le-Pauvre étaient aussi le lieu de rassemblement des confréries de Notre-Dame-des-Vertus, des couvreurs, des marchands papetiers et fondeurs. Un puits à armature de fer, dit miraculeux, et qui était autrefois situé à l’intérieur de l’église, est adossé au portail. Les chapiteaux des deux piliers du choeur sont ornés de feuillage et de figures de harpies aux ailes déployées, similaires à ceux de Saint-Germain-des-Prés et de Notre Dame de Paris. Les bas-côtés ont conservé leurs voûtes gothiques. Aujourd’hui, Eglise au culte catholique grec melchitec, c’est à dire Eglise catholique de rite byzantin comme en témoigne sa décoration intérieure.. Visitez la boutique de Gérard Durand qui se trouve aux 75-77 rue du Bac, ou sur Internet, ici. Vous y trouverez une section dédiée à l'histoire de la rue du Bac ! Les photos ont été prises ici. Vers 1900 - juin 2007 |
